L'espace adhérent n'est pas disponible, aucun compte utilisateur ne sera accepté pour l'instant !

« Sur les réseaux sociaux, le délinquant est mythifié » Intervention d’Yvan assioma secrétaire national île de France

21/04/2020

Lus pour vous

Yvan Assioma, d’Alliance-Police nationale, dénonce le soutien dont bénéficie le motard de Villeneuve-la-Garenne, impliqué dans un incident avec des policiers.

Malgré le confinement, « la guérilla urbaine continue », titrait Le Point il y a une semaine. Depuis ce week-end, les affrontements entre jeunes des cités et policiers sont montés d’un cran depuis qu’un trentenaire, délinquant multirécidiviste selon le parquet de Nanterre, roulant au guidon d’une moto à vive allure dans un quartier de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), s’est fracturé le fémur en percutant la portière d’un véhicule de police banalisé avec à son bord trois policiers en uniforme. Pour les réseaux sociaux, la police est coupable d’avoir délibérément ouvert la porte de la Passat sur le trajet du jeune homme qui contrevenait en même temps aux règles du confinement sanitaire. La justice a ouvert plusieurs enquêtes qui établiront les responsabilités de chacun. Elle a confié également le soin à l’IGPN, saisie par le conducteur de la moto de cross, interdite de rouler sur la voie publique, d’enquêter sur l’intervention des policiers ce soir-là.

Sur Villeneuve-la-Garenne et sur l’amplification des violences urbaines au temps du confinement, Le Point a interrogé Yvan Assioma, le responsable du syndicat Alliance-Police nationale pour la zone Île-de-France.

Le Point : Avez-vous établi un bilan des incidents de cette nuit ?

Yves Assioma : Selon les informations que nous avons pu réunir, il y a eu des attaques contre la police principalement en Seine-Saint-Denis où, au-delà des jets de projectiles habituels contre les forces de l’ordre, les policiers ont dû intervenir pour empêcher la tenue d’un barbecue sauvage à Clichy-sous-Bois. Dans les Yvelines, les villes de Chanteloup-les-Vignes, les Mureaux et Mantes-la-Jolie continuent de s’agiter. Dans les Hauts-de-Seine, ce sont principalement des heurts à Nanterre, Asnières, Gennevilliers liés aux incidents survenus ce week-end à Villeneuve-la-Garenne. Cette dernière commune a également connu des incidents.

Les réseaux sociaux accusent la police de « bavure » à Villeneuve-la-Garenne, qu’en pensez-vous ?

Nous assistons à une véritable inversion des valeurs dont les réseaux sociaux – Twitter et Facebook – sont les principaux vecteurs. En plus d’être de véritables réservoirs à fake news. Par exemple, ce week-end, des farfelus y ont annoncé une bavure policière à La Courneuve – témoignage oculaire à l’appui – alors qu’il s’agissait d’une rixe entre belligérants, près du commissariat de la ville.

De quoi parle-t-on à Villeneuve-la-Garenne ? Le parquet de Nanterre, dans un communiqué, nous a appris qu’un délinquant chevronné âgé de 30 ans – ce n’est donc pas un petit jeune qui aurait l’excuse de l’âge – condamné à 14 reprises, passé par la prison et sous contrôle judiciaire au moment des faits, conduisait sans casque à vive allure, sans respecter les règles de confinement ni le Code de la route, une moto de cross non immatriculée, interdite de circulation sur la voie publique.

Avec un tel profil judiciaire, comment peut-on remettre en cause le travail de nos collègues sur cette intervention ? Il est du devoir de tout policier d’arrêter et de contrôler un tel individu. Nos collègues avaient face à eux un adulte qui ne respecte aucune autorité, aucune règle ni même celles qui peuvent sauver sa propre vie et celles des gens qui se sont rassemblés pour insulter et invectiver les policiers. Il existe une vraie complaisance d’une partie certes minime de la société qui prend ces délinquants notoires pour des victimes. Ils sont mythifiés. Les soutiens qu’il reçoit vont d’ailleurs probablement l’encourager à continuer dans son parcours de délinquant au détriment de futures victimes.

‘‘On fait face à des gens qui ne respectent rien’’

Pour quelles raisons n’entend-on pas les autorités policières ?

On peut faire le constat qu’elles sont aux abonnées absents. Comme si elles étaient tétanisées par les réseaux sociaux, qui sont loin de représenter l’opinion publique. Nous sommes seuls à défendre nos collègues. La haine répandue par les réseaux sociaux est amplifiée par quelques comptes complaisants qui ont participé à la diffusion de la photo d’un de nos collègues cloué au pilori avec appel au meurtre.

Il existe des « influenceurs » qui mettent de l’huile sur le feu. C’est irresponsable. Le seul moyen pour que cela s’arrête, c’est la tolérance zéro de la part de la justice, qui doit être plus ferme. On fait face à des gens qui ne respectent rien. Je tiens à souligner le travail remarquable de nos collègues en Île-de-France avec la mission du respect du confinement qui s’est ajoutée à leurs tâches habituelles dans les cités où la police intervient partout et quotidiennement, contrairement aux balivernes trop complaisamment répandues. Les violences, notamment les tirs de mortiers d’artifice, dont nos collègues sont victimes, prouvent bel et bien qu’on se déplace dans les cités.