L'espace adhérent n'est pas disponible, aucun compte utilisateur ne sera accepté pour l'instant !

Trois questions à Fabien Vanhemelryck, candidat à la tête d’Alliance police nationale

15/04/2019

Communiqués de presse

AEF info : Quel bilan tirez-vous de l’action du secrétaire général sortant, Jean-Claude Delage (lire sur AEF info) ?

Fabien Vanhemelryck : Le bilan de Jean-Claude Delage et de Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint, est très positif. J’étais présent durant les mandats effectués par Jean-Claude Delage, et beaucoup de choses ont été faites. Il faut notamment rappeler la signature de différents protocoles, celui sur les carrières des policiers en avril 2016 (lire sur AEF info), ou, plus récemment, celui de décembre 2018 (lire sur AEF info).
Désormais, il faut que nous arrivions à nous adapter à une nouvelle façon de travailler, à une nouvelle méthode. Aujourd’hui, l’administration essaie de minimiser l’impact des organisations syndicales. Il faut certainement avoir un rapport de force un peu plus fort pour faire comprendre à l’administration que les organisations syndicales sont indispensables, notamment au vu du taux de participation des élections professionnelles de décembre 2018 (lire sur AEF info). Le dialogue social coulait de source, ce n’est désormais plus le cas.

AEF info : Quels sont les principaux chantiers qui attendent Alliance police nationale ?

Fabien Vanhemelryck : Nous avons signé un protocole en décembre 2018, car nous savions qu’il était nécessaire de discuter de certains gros dossiers avec l’administration, comme la réforme de l’Aportt (arrêté portant sur l’organisation relative au temps de travail) ou les heures supplémentaires. Il n’était pas question de se mettre autour de la table sans un signal fort, qui a été la hausse de rémunération des gardiens de la paix. Cependant, nous avons déposé de nombreux amendements sur les textes en préparation, et nous trouvons que les réunions ne vont pas assez vite. Il reste de nombreux points sur lesquels discuter. En outre, ce n’est pas parce que nous avons signé un protocole que nous serons obligés d’accepter n’importe quel texte. Nous n’avons pas signé de blanc-seing. Nous prendrons nos décisions en accord avec les délégués et les remontées du terrain. Si aucun de nos amendements n’est accepté, le prochain comité technique ministériel risque d’être compliqué.
L’augmentation de la rémunération des gardiens était méritée, notamment au vu de l’actualité et des événements. Maintenant, en tant que syndicat responsable et de proposition, nous sommes conscients qu’il y a des problèmes, et qu’il faut les régler. Le stock des 24 millions d’heures supplémentaires impayées en est un (lire sur AEF info). Il faut trouver des solutions sur ce sujet, sans les brader. Si l’administration met en place une solution qui va dans le sens des policiers, il n’y aura pas de souci. Dans le sens contraire, nous risquons vite de nous radicaliser.
De manière plus générale, nous souhaitons lancer une nouvelle dynamique, essayer d’être au plus près du terrain en mettant en œuvre un syndicalisme de proximité, revenir à l’essentiel, sans discours politisé. En quelque sorte, il s’agit de prendre le mal à la racine, d’être d’une extrême exigence sur tous les fronts au niveau local comme au ministère.

AEF info : Le congrès d’Alliance police nationale, qui devait avoir lieu à l’automne 2019, a été avancé au mois d’avril. Quelle est la raison de ce changement d’agenda ?

Fabien Vanhemelryck : D’un commun accord, nous avons estimé nécessaire de relancer une nouvelle dynamique, un nouveau souffle. Il fallait revoir notre organisation et ne pas attendre trop longtemps après les élections professionnelles de décembre 2018, afin de repartir tout de suite de l’avant. À ce titre, le mois d’octobre apparaissait trop lointain. C’est pour cette raison que nous avons avancé notre congrès, après avoir réalisé l’analyse de ces élections. Il s’agissait aussi de se remettre en question au niveau du bureau national, et repartir avec une équipe rajeunie, portée par une nouvelle envie. Au bout d’un certain temps sans changer les choses, le risque est de s’installer dans un certain confort et de perdre la perception du terrain. Il n’était pas question d’en arriver là.